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Présentation du Livre

Le présent ouvrage regroupe les quatre sermons prononcés en persan par l’éminent savant, le martyr Cheikh Murtaḍa Muṭahharî, lors du mois de Muharram 1389 H (mars 1969 – farvardin 1348) à la Houssayniyya Irshâd à Téhéran (Iran). Ces sermons ont été retranscrits et publiés au deuxième chapitre du premier volume du livre « Hamâseh Houssayniyyeh ».

La traduction a été intégralement et directement réalisée par Shahrazed Gueham à partir de la langue persane, langue initiale du texte et des sermons d’origine. Le livre pris en référence est Hamâseh Houssayniyyeh, premier volume, paru par Majmu’eh Âthâr Shahîd Muṭahharî : cinquante et unième édition, mahr 1385 (septembre 2006), édité à Téhéran (Iran).

L’auteur

Murtaḍâ MUṬAHHARÎ

Le 3 février 1920 (13 bahman 1298), dans le village de Farimân, situé aux alentours de Mashhad, Murtaḍa Muṭahharî vit le jour. Son père, Houssayn, était un cheikh reconnu pour sa vertu morale et sa dévotion religieuse. Dès sa tendre jeunesse, Murtaḍa manifesta une grande prédilection pour les sciences islamiques, et devint très vite désireux d’intégrer le séminaire islamique pour la poursuite de ses études.  Cependant, face à la politique fort virulente du Shah de l’époque (Reza Khan) envers les religieux, le jeune homme fut confronté à la désapprobation générale de sa famille hormis celle de son père et de son oncle maternel. Murtaḍa ne renonça pas à son souhait et intégra le séminaire islamique de Mashhad (ḥawza) à l’âge de douze ans.

Après avoir étudié les cours préparatoires, il décida de s’installer à Qom en 1936, pour une durée de quinze ans. Il assista et participa activement aux conférences d’éminents savants tels Ayatollah Burûjardî, Imam Khumaynî, Hâjj Mîrzâ ‘Alî Âghâ Shîrâzî et ‘Allâma Muḥammad Houssayn Ṭabâṭabâ’î. En 1953, c’est dans la ville de Téhéran qu’il s’investit et se consacra à divers travaux de recherches scientifiques et mouvements de propagations islamiques. L’année suivante, il produisit le commentaire d’une des plus importantes recherches en philosophie de son maître ‘Allâma Ṭabâṭabâ’î : Ûṣûl falsafeh va ravesh realîsm (les principes de la philosophie et la méthode du réalisme).

Tout en menant ses activités religieuses, Cheikh Murtaḍa Muṭahharî s’impliqua ardemment dans les domaines socio-politiques. Lors du soulèvement du 15 khordâd 1342 (5 juin 1963), suite à la célèbre prise de parole de l’Imam Khumaynî le jour d’Achoura, Muṭahharî prononça un discours prenant tournure de violente diatribe à l’encontre du Shah d’Iran, qui lui valut d’être arrêté et jeté en prison. Également très sensible à la cause palestinienne, il démontra son engagement et l’opposition ouverte au sionisme lors de propos publics ; ce qui eut pour conséquence une deuxième arrestation.

Il participa à divers projets culturels et actions de propagations islamiques, dont le rôle de l’un des principaux fondateurs de la Houssayniyya Irshâd, en 1967. Trois ans plus tard, il se fit à nouveau arrêté par les hommes du régime du Shah, cette fois-ci, suite à un discours tenu dans le centre et dont le sujet était la revivification de la pensée islamique.

En 1975, Muṭahharî fut interdit de tribune pour prêcher, mais continua d’œuvrer dans la voie qu’il avait construite et tracée en se concentrant sur l’écriture et l’organisation de rencontres restreintes à un milieu élitiste. Ses ouvrages et son intérêt portèrent sur un vaste panel de domaines, allant de la philosophie à l’économie, en passant par la philosophie de l’histoire ou encore la gouvernance d’un pays, au sein du séminaire islamique de Qom.

Savant charismatique, grande tête pensante, exégète et philosophe de premier ordre, il détenait sa place parmi le noyau actif qui raffermit les bases idéologiques de la Révolution islamique en Iran. Son lien de proximité avec l’Imam Khumaynî et son statut d’homme de confiance de ce dernier l’exposait à bien des dangers. Cible d’un groupuscule terroriste, Cheikh Murtaḍa Muṭahharî fut assassiné par attentat le 1er mai 1979. Sur demande de l’Imam Khumaynî, sa dépouille fut enterrée dans le sanctuaire de Fâṭima Ma‘ṣûma (p), à Qom, où il y repose toujours.